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Ces ouvrages ont été publiés par des membres des nos organismes  agréés et nous ont été signalés par leurs auteurs.

La psychothérapie relationnelle : De la naissance d'une profession à l'émergence d'un champ disciplinaire

La psychothérapie relationnelle – De la naissance d’une profession à l’émergence d’un champ disciplinaire, Philippe Grauer et Yves.,  Lefebvre Enrick B. Editions (9 janvier 2018)

La psychothérapie relationnelle regroupe à ce jour un très grand nombre de praticiens et représente le courant psychothérapique le plus récent, le plus novateur, dont cet ouvrage se propose de contribuer à la large reconnaissance qu’il mérite.
Que recouvre ce concept de relationnellité ? Où se situe cet ensemble relevant de la psychothérapie comme profession de soin non médical dans le champ psy ?
Quels chemins historiques et politiques conduisirent à cette innovation nécessaire, d’exercice autoréglementé par ses organisations professionnelles historiques responsables, à l’instar de la psychanalyse ? Sur quelle éthique repose-t-elle ?

Yves Lefebvre a joué un rôle important au sein du Syndicat national des praticiens en psychothérapie relationnelle et psychanalyse (SNPPsy), dont Philippe Grauer fut le Président de 1996 à 2016.
Ce dernier a construit, et impulsé à partir du SNPPsy, le concept que présente cet ouvrage. Directeur depuis trois décennies du Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle et multi référentielle, ex enseignant en Sciences de l’Éducation à Paris-8, également Vice-Président de l’Affop (Association française fédérative des organismes de psychothérapie relationnelle et psychanalyse) jusqu’en 2016, actuellement Vice-Président de la SIHPP (Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse, Présidente Élisabeth Roudinesco).

Ensemble, ces deux auteurs s’efforcent d’éclairer l’importante idée directrice de psychothérapie relationnelle selon ses multiples facettes.

Philippe Grauer, psychopraticien relationnel®, membre didacticien du SNPPsy, psychanalyste. Directeur du CIFPR, Universitaire de 1969 à 2003 (en Psychologie et en Sciences de l’Éducation), Président du SNPPsy de 1996 à 2016, Vice-Président de la SIHPP, membre du Conseil d’Administration du SNPPsy et de l’AFFOP. Pionnier des Nouvelles Thérapies, qu’il a participé à introduire en France tant à l’université qu’au dehors (CDPH), a joué un rôle important dans l’avènement de la psychothérapie relationnelle, considérée sous l’angle intégratif et multiréférentiel.

Yves Lefebvre Psychologue clinicien diplômé. Membre superviseur et membre de la commission de
déontologie du Syndicat national des praticiens en psychothérapie relationnelle et psychanalyse (SNPPsy). Formateur au Mouvement d’art-thérapeute et au Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle (CIFP). Auteur de : Profession psychothérapeute, Buchet/Chastel 1996, La Foi au miroir de la psychanalyse, Salvator 2012, Art-thérapeute en écriture, L’Harmattan 2013.

La part du social en nous

La part de social en nousEres, Paris, 2017
Vincent DE GAULEJAC, Claude COQUELLE
Avec la participation de Catherine BESSE, Ting CHEN, Vincent DE GAULEJAC, Luce Janin DEVILLARS, Jean-Michel FOURCADE, Françoise JULIER-COSTES, Yves MAIRESSE, Christophe NIEWIADOMSKI, Annick OHAYON, Isabelle SERET, Elvia TARACENA
Postface de Boris CYRULNIK

Entre l’être de l’homme et l’être de la société, les influences, les connexions et les interactions sont profondes. Chaque individu contribue à produire la société, qui produit chaque individu. Comment analyser ces interférences ? La question est particulièrement sensible lorsque des conflits, vécus comme « personnels », sont pour une part la conséquence de situations sociales liées au travail, à la famille, à l’argent, à la violence institutionnelle et plus généralement à la violence symbolique des rapports sociaux.

La démarche clinique en sociologie offre des outils pour décrire la réciprocité des influences entre les processus sociaux et les processus psychiques dans les histoires de vie, et pour analyser la genèse sociale des conflits psychiques. Des thérapeutes issus d’écoles différentes témoignent, à partir de leur pratique, des effets de leur rencontre avec la sociologie clinique. En quoi leur offre-t-elle un complément utile dans l’analyse de certains patients ? Comment peut se construire une complémentarité dialectique entre psychanalyse, psychothérapie et sociologie clinique ? Comment cette clinique de la complexité favorise-t-elle l’intégration entre le corporel, le psychique et le social ?
L’ouvrage ouvre des perspectives nouvelles à tous les professionnels de la relation, aux psychothérapeutes et psychanalystes, pour leur permettre de mieux intégrer dans leur pratique la part de social en nous.

Le groupe thérapeutique

Edmond Marc et Christine Bonnal
Le groupe thérapeutique – Approche intégrative
Dunod, Paris,  2014

Pour Carl Rogers, le groupe thérapeutique est l’invention sociale qui a eu l’expansion la plus rapide du siècle et qui est sans doute la plus puissante et la plus féconde . Aujourd’hui, les pratiques de groupe sont solidement implantées dans le champ de la psychothérapie, et se sont révélées particulièrement riches et effi caces.
La thérapie groupale s’est nourrie de différents apports (psychologie sociale, psychodrame, psychanalyse, Gestalt-théorie…). Elle a su les utiliser et les intégrer pour fonder une pratique profondément originale.
Trop souvent, la thérapie groupale n’a été présentée que du point de vue, forcément réducteur, d’une seule école. La spécificité de cet ouvrage est de proposer une synthèse actuelle qui aborde le groupe thérapeutique dans une orientation intégrative.
Lʼouvrage explore :
• Les fondements (historiques, méthodologiques et pratiques) de la thérapie groupale ;
• Les processus quʼelle met en oeuvre au service du changement ;
• Les axes de travail spécifiques quʼoffre la situation groupale ;
• Les moteurs du changement quʼelle permet aux trois niveaux personnel, interpersonnel et social ;
• Enfin, les effets les plus souvent constatés chez les patients.
Tous ces aspects sont illustrés par de nombreux exemples cliniques qui rendent lʼouvrage particulièrement vivant. Ils sont éclairés aussi par un choix de textes de référence.

L'amour qui guérit

Un amour qui guérit
Edmond Marc et Jenny Locatelli
Éditions ENRICK B. ÉDITIONS., Paris, 2016

Cet ouvrage brise un certain tabou. Il entend montrer que l’amour est le principe vivifiant de la relation thérapeutique ; un amour « désaliéné » qui procède autant d’Agapé que d’Eros. Il ne s’agit pas là d’une sorte de postulat idéaliste ni d’une manifestation d’angélisme, tissée de bons sentiments. Les auteurs cherchent au contraire à cerner, au plus près de l’expérience clinique, cette proximité émouvante que constitue le lien thérapeutique. Ils s’appuient sur cinq psychothérapies, présentées et analysées sous l’angle de la relation. Si le terme d’amour s’est imposé, en dépit de toutes les ambiguïtés et de tous les risques qu’il recèle, c’est qu’il semble le plus à même d’exprimer la qualité affective profonde de ce lien. C’est aussi parce que l’amour est au cœur du développement de la personne et de ses perturbations ; et que, de ce fait, il est le moteur du processus thérapeutique. Cette réflexion s’inscrit dans la lignée des apports théoriques et cliniques de Ferenczi, de Balint, de Winnicott, de Bowlby, de Rogers, de Kohut… pour ne citer que les plus grands. Elle a l’ambition de renouveler les représentations et le regard que nous portons sur la relation thérapeutique. Et plus encore d’ouvrir et de transformer la pratique.

De l'écoute à la "rencontre"

ETRE PSYCHOTHÉRAPEUTE AUTREMENT
De l’écoute à la « rencontre »
L’Harmattan, Paris, 2009
Marcelle MAUGIN

A l’heure où les gouvernements s’évertuent à légiférer pour encadrer l’activité des psychothérapeutes et les transformer en psychopathologues, l’auteur rattache au contraire cette profession aux recherches millénaires sur le sens de la vie humaine. Se reliant à la prescription grecque du souci de soi, remodelée par la pensée chrétienne, s’éloignant de tout projet scientiste, la psychothérapie contemporaine est aujourd’hui susceptible de renouer avec sa véritable vocation ontologique.
C’est la position prise par le psychothérapeute en regard de sa propre subjectivité qui va transformer le moment thérapeutique en une authentique « rencontre ». En assumant cette subjectivité il devient alors l’artisan du « passage à l’être » pour l’autre, pour lui-même et pour tous les humains. La perspective qu’ouvre cette façon de concevoir leur profession offre aujourd’hui aux psychothérapeutes une chance exceptionnelle de contribuer à la « réhumanisation » de la société postmoderne. Elle annonce la possibilité d’une véritable mutation des pratiques actuelles de la psychothérapie et des rapports humains en général.

Hypersensibles, à fleur de peau, écorchés vifs... Tous borderlines ?

Hypersensibles, A fleur de peau, ecorches vifs… Tous borderlines ?

En général bien adaptés socialement, les personnalités limites savent dissimuler leurs fragilités et souffrent en silence ou dans l’intimité. Les crises émotionnelles (exaltation, colère, désespoir) imprévisibles et destructrices dont elles sont régulièrement victimes trahissent cependant leur extrême sensibilité…
Au fil de nombreux portraits, l’auteur s’attache à décrire les traits caractéristiques de ces personnalités de plus en plus nombreuses dans une société en mal de repères. Il explore leurs modes de fonctionnement, les principales origines de leur trouble et donne de nombreux conseils pour mieux gérer le quotidien. Il présente enfin un panorama des principales approches thérapeutiques auxquelles elles peuvent avoir recours.

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D’autres psychotiques que moi

« D’autres psychotiques que moi », Paris, L’Harmattan 2015
Lucien Tenenbaum

Commentaire de Marcelle Maugin

Quel titre !
Quel professionnel de la Santé Mentale ose ainsi parler de la folie en s’incluant lui-même d’entrée de jeu dans son propos ?
Lucien Tenenbaum…un psychiatre qui se définit comme psychopraticien et qui a eu l’audace d’écrire à l’ARS de la région PACA pour demander officiellement à « ne pas être inscrit sur le Registre National des  psychothérapeutes » au motif qu’il refusait de porter un titre « délivré dans ces conditions » (celles du décret du 20 mai 2010).

Comment ne pas être « accroché » de suite par un titre aussi prometteur…
Voici qu’un observateur sensé être objectif introduit d’emblée un biais personnel dans son observation : les découvertes de la physique quantique  auraient-elles contribué à relativiser le regard porté par les soignants sur les malades ? Auraient-ils enfin pris conscience de la subjectivité de leur position et donc de leurs énoncés sur la folie? C’est assez inhabituel pour qu’on s’en réjouisse…

Parmi les indices de ce changement d’angle de vue, on notera le changement de vocabulaire  par l’auteur: les patients deviennent des consultants, les cabinets de psychothérapie des  ateliers, signifiant par là qu’on s’attèle ensemble à une tâche, qu’on est dans l’artisanat, qu’on chemine de conserve vers un résultat co-construit. Les bouffées délirantes sont considérées  comme des crises révélatrices d’un potentiel de vie étouffé et explosif…Cette nouvelle sémantique ne cesse de nous rappeler que la définition de la folie « se situe dans le cadre d’une rencontre et dans le champ du langage ». Nommer autrement n’est jamais anodin.

L’atmosphère qui se dégage de la description de ces chemins de vies nous rappelle l’époque trop oubliée où les thérapeutes américains se réclamaient d’une « psychothérapie existentielle ». On pense à Rollo May dans les années 70 définissant la psychothérapie « sur la base du concept de l’existence du malade étant dans le monde et du médecin existant et participant à ce monde »[1]Nous voici bien loin des découpages en quatre de symptômes et de  l’objectivation des classifications du  DSM5.

Les psychotiques sont partagés par l’auteur entre psychotiques cliniques (ceux qu’on retrouve à l’HP) et psychotiques ordinaires, en fonction de leur capacité à sauvegarder certaines dimensions de leur personnalité leur permettant un minimum d’indépendance économique et d’adaptation à la vie en société. Plus ou moins fermés, plus ou moins ouverts ils entraînent dans tous les cas leur thérapeute dans un jeu complexe de chasseur/ chassé significatif de leur difficulté  à des liens de confiance et de leur ambivalence face à toute proximité éventuelle. L’auteur nous décrit finement ces méandres du travail relationnel et nous y reconnaissons sans peine l’évolution des  processus thérapeutiques qui nous sont familiers. Il invite par ailleurs à la fin de son livre les consultants à mettre leurs propres mots sur ces épreuves traversées en commun.

Plus surprenant : Lucien Tenenbaum nous dit des psychotiques ordinaires « qu’ils sont nombreux, tant comme consultants que comme psychopraticiens ».Voici donc consultants et consultés pris dans le même sac : « deux personnes existant dans un monde » disait déjà Rollo May dans les années 60. L’auteur analyse leur interaction en décrivant des séances de supervision où il apparaît que leurs difficultés s’entremêlent, ce qui aux yeux de certains lecteurs pourra sembler légèrement inquiétant. D’autant qu’il affirme que les psys eux-mêmes (à des degrés divers) en seraient passés par là, par la psychose ordinaire, qu’il nous dépeint comme une façon de vivre à petit feu, de se protéger des turbulences des émotions : « Pour avoir souvent eux-mêmes bâti leur vie à l’économie psychopraticiens et psychanalystes connaissent la question » ! Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer sa conviction,  visiblement d’expérience, que « les aspects psychotiques de notre être ajoutent à notre compétence professionnelle ».

Voilà donc ces psychotiques ordinaires reconnus comme faisant normalement partie de la patientèle du psychopraticien (non moins ordinaire). On nous avait pourtant dit de nous en méfier, que ce n’était pas nos oignons, qu’il fallait les repérer le plus tôt possible après nous être équipés de solides connaissances en psychopathologie. Le but étant de les renvoyer vers des spécialistes plus compétents  qui sauraient les « soigner » grâce aux progrès de la science médicale et de la pharmacologie. On imagine sans peine les  psychothérapeutes NN (nouvelles normes) n’ayant pas exploré leur propre vulnérabilité (aucun travail sur soi n’étant requis par la nouvelle loi pour exercer ce métier) se retrouvant de fait en grande difficulté pour les accompagner. Ne les percevant  pas comme psychotiques en l’absence de délire manifeste, ils risquent en effet d’être rapidement déroutés, déstabilisés voir effrayés par des consultants aussi peu gratifiants.

En insistant pour nous transformer en psychopathologues et en diagnostiqueurs, le législateur manifeste de façon criante le refus de notre culture d’accepter cette dimension pourtant universelle de notre humanité. Notre société post-moderne qui préfère les personnages aux personnes et favorise l’anosognosie généralisée s’évertue davantage à les médiquer ou à les coacher qu’à les comprendre.

Lucien Tenenbaum nous démontre que ce n’est justement pas si simple que ça, que la psychose c’est bien plus profond, bien plus subtil et bien plus répandu qu’on ne l’imagine. Que c’est une certaine manière, coûteuse certes, mais  qui en vaut une autre, d’être-au-monde, de faire face à la perte de son identité quand on n’a pas eu d’autre choix que de se couper de soi pour survivre. Que cela n’empêche pas forcément un psychotique ordinaire d’éventuellement se marier, d’avoir des enfants, de travailler et même pour certains d’atteindre une apparente réussite sociale. Ses mécanismes de protection psychotiques ne se manifesteront peut-être que lorsque les circonstances de la vie menaceront son équilibre précaire ou lors de certaines phases du  travail thérapeutique lui-même. Que cela se traduit surtout par un manque-de-soi très douloureux, la conscience d’un manque-à-être qui vous conduit chez le psy (fuyant souvent hospitalisation et médicaments) comme poussé par une nécessité absolue…

Mais l’auteur nous fait comprendre aussi, sans prétendre à fournir des recettes et sans garantie de « réussite », qu’un cheminement est possible avec ces consultants psychotiques qui peut parvenir à les humaniser et nous humanise autant qu’eux. Les consultés qui tentent cette aventure peuvent proposer aux consultants une relation vivante et vivifiante dans la mesure même où ils ne craignent pas de s’aventurer sur des terres qui ne leur sont pas tout-à-fait inconnues, même si chaque voyage reste unique et chaque parcours imprédictible. Il s’avère nécessaire pour cela qu’ils aient eu l’occasion d’apprivoiser leurs propres failles au cours d’une longue exploration de leur propre intériorité (en relation duelle, souvent en groupe, au cours des séances supervision…), ainsi que  l’exigent d’eux les formations professionnelles responsables.

Au final Lucien Tenenbaum nous propose une compréhension du mécanisme de défense psychotique comme une stratégie de survie adoptée par un sujet dans un temps précoce où ses ressources personnelles ne lui permettaient pas de lutter contre la terreur ressentie, et où il lui a fallu sauver son être. Les individus les plus concernés ont dû  « protéger leur vie intime menacée en masquant leur identité par quelque moyen que ce soit ». Produit  d’une relation toxique, leur organisation défensive aura à s’apprivoiser progressivement. Le psychotique ordinaire devra expérimenter un autre mode de rapport à l’autre, apprendre à remettre du jeu dans la relation. C’est  à  nous psychopraticiens qu’il incombe d’offrir à ces personnes à la recherche d’eux-mêmes «une parole qui n’enferme pas la vie dans des définitions d’elle-même mais la laisse dire ce qu’elle est, comme elle est. Une parole qui n’arrête pas le mouvement de la vie, ne la fige pas dans des règles mais consent à ses impasses et prend tout le temps qu’il lui faut pour se dire ».[2]

Lucien Tenenbaum n’a pas la prétention d’énoncer des vérités sur la psychose, mais sa façon de l’envisager lui redonne une place en tant que stratégie existentielle aussi impérieuse que respectable. Un rapport-au-monde comme un autre, impliquant les corps,  bien plus répandu parmi nous qu’on ne l’imagine habituellement. Praticien d’une sémiologie de la rencontre, il nous invite à porter sur ce mode d’organisation un regard qui ne stigmatise ni n’exclut aucun d’entre nous. Il a le mérite ce faisant de  réinscrire la  défense psychotique à sa place légitime dans l’espace relationnel commun des humains que nous sommes.
.
Ce positionnement nous fait du bien, il est susceptible de  redonner du sens au « cœur de métier » de tous les psychopraticiens relationnels. La généralisation actuelle des approches rééducatives pourrait faire que nos ateliers deviennent pour beaucoup de ces psychotiques ordinaires un ultime refuge. C’est à nous en effet que revient la mission de transformer la terreur du consultant en souffrance ordinaire, de désactiver dans la mesure du possible ses scénarios dysfonctionnels : il nous faudra parfois pour cela une authentique créativité, une patience indéfectible et une capacité de fraternité à toute épreuve…
On ressort de la lecture de ce livre plus proches de nos consultants comme de nous-mêmes, plus enclins à ressentir de la tendresse pour ces lieux si fragiles, tellement partagés par tous et si constitutivement humains. On se surprend même à éprouver de la reconnaissance envers ces consultants qui nous ouvrent les  portes de la psychoseordinaire trop souvent hermétique à nos contemporains.

Marcelle Maugin, Nantes le 10 juin 2015
[1] « Psychothérapie existentielle», éd. EPI, 1971 p.27
[2] Chantal Tricoire, psychopraticienne.