Association Fédérative Française des Organismes de Psychothérapies relationnelle et psychanalytique6 Rue Beauregard - 75002 Paris

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MAIS... CA N'EXISTE PAS ! Commentaire du décret et des arrêtés  

  
Cette phrase historique (concernant la formation en psychothérapie) prononcée par Roselyne Bachelot, ministre de la santé, devant le Sénat, le 5/06/09 est confirmée par le contenu du décret d’application n° 2010-534 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute, promulgué le 20/05/10 et paru au JO du 22/05/10 ainsi que par les arrêtés qui viennent de paraître (JO du 12/06/10)
 
C’est probablement avéré. LA psychothérapie n’existe plus, ni en son sens générique ni au sens que nous avions voulu lui redonner par le terme de psychothérapie relationnelle pour la distinguer des pratiques comportementalistes et protocolaires.
 
Il lui est substitué une psychothérapie d’Etat, universitaire et médicalisante qui ne formera aucunement à la pratique de la psychothérapie relationnelle telle que nous l’avons développée.
 
Cette disposition est aussi confirmée par le silence quasi-unanime des médias concernant l’éviction pure et simple par cette loi, son décret d’application et les arrêtés qui les complètent, des praticiens de la psychothérapie relationnelle ne disposant pas des diplômes universitaires pré-requis.
La psychothérapie relationnelle créée par les syndicats historiques (PSY’G et SNPPsy) et encadrée par les fédérations (Affop et FF2P) sont ignorées du dispositif législatif.
 
Pour l’instant, cette législation ne concerne que l’utilisation du titre et non le contrôle de la pratique qui demeure libre.
C’est heureux pour nous mais n’en demeure pas moins inacceptable car notre pratique professionnelle ne reçoit pas la reconnaissance légale dont elle devrait légitimement disposer.
 
Selon le décret :
 
Les pré-requis exigés pour pouvoir suivre la formation à la psychopathologie clinique sont les mêmes pour tous : doctorat en médecine, diplôme de niveau Master en psychologie ou psychanalyse, que cette formation se déroule à l’université ou dans des instituts privés qui pourraient être agréés.
 
En annexe au décret figure un tableau du nombre d’heures exigées des candidats au titre de psychothérapeute.
C’est en fait un tableau des dispenses accordées à certains universitaires ou professionnels qui, nous le répétons, devront préalablement disposer des diplômes pré-requis.
 
A la course aux dispenses, le quinté gagnant est le suivant :
 
1 - Les psychiatres qui sont les seuls vrais gagnants, proclamés psychothérapeutes de droit, dispensés de toute formation complémentaire.
2 - les psychologues cliniciens qui devront effectuer 150h de formation théorique plus 2 mois de stage en institution.
3 & 4 - ex æquo, les médecins non psychiatres ainsi que les psychanalystes (régulièrement inscrits sur leurs annuaires) qui seront soumis à 200h de formation théorique plus 2 mois de stage.
NB : les psychanalystes ne sont pas aussi privilégiés qu’on aurait pu le penser puisqu’ils ne sont pas dispensés des pré-requis universitaire et ne bénéficient que d’une dispense partielle de formation.
5 – Les psychologues non cliniciens qui devront accomplir 300h de formation théorique plus 5 mois de stage.
 
Quant aux outsiders, désignés professionnels n’appartenant à aucune des catégories précédentes, ils devraient eux logiquement, avoir à suivre le cursus de formation en psychopathologie clinique requise pour accéder au titre de psychothérapeute : 400h de formation théorique plus 5 moins de stage.
Mais qui sont-ils ? Dans la mesure où la quasi-totalité des candidats qui peuvent prétendre à suivre la formation en psychopathologie clinique requise peuvent bénéficier de dispenses totales ou partielles.
Nous nous sommes un moment demandés si le terme de niveau Master utilisé dans le décret pouvait laisser une porte ouverte pour les titulaires de l’ancienne maîtrise ou du Master1, il semble que ce ne soit pas le cas et que ce terme ambigu viserait plutôt à protéger les pouvoirs publics de toute contestation concernant l’exclusion des filières de formation privées ou étrangères.
 
Il demeure peut-être comme candidats possibles à cette formation :
- les titulaires d’un DESS ou d’un Master2 de psychologie ayant obtenu leur licence via  des équivalences et qui, de ce fait ne peuvent disposer du titre de psychologue.
- les titulaires d’un Master2 en psychanalyse n’étant pas inscrits sur l’annuaire d’une association de psychanalystes.
- les titulaires d’un Master2 en psychologie clinique n’étant pas encore professionnels en exercice à la date d’application du décret.
- Les professionnels exerçant depuis plus de 5 ans, concernés par les dispositions transitoires. Leur sort dépendra des commissions régionales d’agrément qui statueront sur leurs dossiers.
Cela restera à vérifier.
 
En pratique, actuellement les seuls praticiens susceptibles d’être inscrits sur les listes départementales sont les psychiatres et accessoirement et provisoirement les professionnels exerçant depuis plus de 5 ans à condition qu’ils déposent, avant le 23 mai 2011, la demande d’autorisation visée par l’article 17 du décret accompagnée du dossier complet déterminé par l’annexe II de l’arrêté du 9 juin 2010.
 
Les autres postulants, disposant des diplômes pré-requis n’exerçant pas encore ou exerçant depuis moins de 5 ans, ne pourront probablement pas s’inscrire sur les listes départementales avant d’avoir effectué la formation complémentaire.
Or, à notre connaissance cette formation en psychopathologie clinique n’existe pas encore, donc aucun d’entre eux ne dispose des diplômes requis avec ou sans dispense partielle.
 
L’arrêté du 8 juin 2010 précise le cahier des charges qui devra être respecté par tous les organismes publics ou privés qui se présenteront à l’agrément.
Leur 1ère responsabilité sera de respecter les pré-requis universitaires.
La seconde sera de respecter scrupuleusement le contenu de la formation prévue.
De plus, il leur faudra organiser les stages en institutions et assurer le partenariat avec celles-ci.
 
Nous ne savons pas si cette formation sera dispensée par des UFR de psychologie ou de médecine. Comme les psychiatres sont les grands gagnants de cette affaire, symptôme de la médicalisation galopante dont souffre notre société, il se pourrait qu’au niveau universitaire les UFR de médecine et de psychologie rivalisent en proposant des formations plus diplômantes (comme le suggérait F.R Dupond-Muzart, juriste spécialisé en la matière).
 
Bien évidemment tout le monde, sauf les psychiatres, est mécontent et tout particulièrement les psychologues cliniciens (notons au passage que la psychologie clinique n’est pas définie en droit, le titre de psychologue étant attribué toutes filières confondues). Les formations des psychologues cliniciens n’étant pas analogues ni homogènes, il pourrait s’ensuivre des batailles juridiques.
 
Curieusement l’un des arrêtés mentionne que ces dispositions légales ne dispensent pas les praticiens d’une formation spécifique à la pratique de la psychothérapie (celle-ci n’étant pas réglementée et n’étant dispensée que par des instituts privés - NDLR).
 
Il ressort néanmoins de tout cela que, selon Mr Accoyer, pour avoir le droit de porter le titre de psychothérapeute, il faut et suffit de disposer de titres universitaires qui ne préparent que très partiellement à l’exercice de ce métier. Cette législation, en ne consacrant que 100 h d’enseignement aux principales approches utilisées en psychothérapie, sous-estime gravement la formation nécessaire pour l’exercer, quelle que soit la forme de psychothérapie pratiquée.
 
Nous arrêterons là nos commentaires car une lecture plus détaillée des arrêtés demandera un délai supplémentaire pour vous adresser plus de précisions sur :
 
- le dossier de présentation des candidatures des professionnels exerçant depuis plus de 5 ans (i.e les grands parents)
En lisant les arrêtés nous avons noté que dans la composition du dossier concernant les professionnels pouvant bénéficier des dispositions transitoires, il était demandé un extrait de casier judiciaire alors que celui-ci n’était pas requis pour les universitaires !!!
Info de dernière minute : le casier judiciaire 2 requis ne pourrait pas être obtenu par les intéressés donc impossible à présenter dans le dossier.
 
- le dossier de présentation des écoles privées candidates à l’agrément concernant les instituts de formation dispensant une formation à la psychopathologie clinique.
 
 
MOT d’ORDRE : Pas de panique ni de précipitation
 
Le GLPR (groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle) s’est réuni le 10/06, il réunit les responsables des 2 syndicats historiques (SNPPsy, PSY’G) et des 2 principales fédérations (Affop, FF2P).
 
Les responsables des organismes précités se sont déclarés :
- résolus à mettre en œuvre tous les recours encore envisageables contre cette loi et son application.
- disposés à offrir à leurs membres le meilleur soutien concernant les dossiers de validation et les recours juridiques éventuels.
- décidés à réfléchir pour choisir ensemble une nouvelle dénomination de notre pratique destinée tout particulièrement aux nouveaux praticiens et aux étudiants (futurs praticiens) de nos instituts de formation agréés et que tous les titulaires pourront adopter s’ils le souhaitent.
 
Ces résolutions devant préalablement être soumises à l’avis des membres du CA des institutions concernées qui se dérouleront toutes au plus tard le 1/07/10.
 
 
N’oubliez pas que seul le titre est réglementé. La pratique demeure libre.
 
Les pouvoirs publics se sont acharnés à vouloir ignorer que notre autorégulation mise en place depuis de longues années permet de distinguer clairement les autoproclamés (soupçonnés en bloc de dérives sectaires par Mr Accoyer comme par la Miviludes) des praticiens titularisés qui sont inscrits sur les annuaires ou registres des associations et fédérations autoréglementées selon un modèle analogue à celui des associations de praticiens de la psychanalyse selon les 5 critères suivants :
 
- Une psychothérapie ou psychanalyse personnelle approfondie

- Une formation théorique et pratique de haut niveau

- Une supervision systématique de la pratique professionnelle

- Le respect d’un code de déontologie
 
- Une reconnaissance de la qualité professionnelle par des pairs

 
L’Affop a mis au point un processus d’agrément des Instituts ou Ecoles de formation à la psychothérapie qui exigent de leur étudiants d’avoir au préalable effectué un parcours personnel en psychothérapie ou en psychanalyse (à poursuivre pendant toute la durée de leur formation - 5 ans au minimum) jugé suffisant pour leur permettre de suivre un cursus de formation théorique et expérientiel incluant bien évidemment une formation à la psychopathologie clinique.
 
C’est le moment de faire savoir au public et aux usagers potentiels qu’il existe des praticiens, dûment formés et responsables professionnellement et éthiquement, facilement repérables grâce aux annuaires ou registres de nos associations.
 
C’est aussi une urgence pour tous les praticiens qui ne l’auraient pas encore fait d’adhérer et de se faire titulariser par les organismes accréditeurs de l’Affop, garantie sérieuse d’une différenciation par rapport aux supposés auto-proclamés, cibles des pouvoirs publics.
 
Les organismes accréditeurs agréés par l’Affop pour la titularisation des praticiens  sont les suivants :
SNPPsy - syndicat pluraliste
INECAT, - spécialisé en Art-Thérapie – titularisation interne
SFG - spécialisé en approche gestaltiste
CEGT - spécialisé en approche gestaltiste
CDPC - approche multiréférentielle, individuelle, groupes et couples – titularisation interne
FFraPIM - psychothérapie et psychanalyse intégratives.
 
Plus d’informations sur notre site : www.affop.org
 
 
Quant à savoir s’il est pertinent ou non de vouloir disposer du titre officiel de psychothérapeutedésormais réservé prioritairement aux incompétents institutionnalisés, rien ne presse puisque les bénéficiaires des dispositions transitoires disposent d’un an à dater du 23 juin 2010 pour présenter leur dossier à l’administration qui n’a pas encore mis en place les commissions régionales d’agrément.
 
C’est une décision qui nous concerne tous et fait actuellement l’objet d’un examen collectif mais qui, in fine, ne pourra que faire l’objet d’un choix individuel de chaque praticien.
 
 
Nous vous ferons part prochainement des développements de nos réflexions collectives afin d’éclairer vos choix.
Nous vous ferons également et régulièrement part des nouvelles informations dont nous pourrons disposer et qui vous seraient utiles.
 
Sachez que nous sommes tous mobilisés pour défendre la pérennité de notre profession, conformément à notre éthique :
- en défendant la qualité de l’enseignement et de la transmission des écoles agréées par l’Affop.
- en défendant le titre de psychothérapeute que nous avions créé ou en nous regroupant sous un autre titre consensuel et soigneusement choisi qui re-confirmera notre identité de psychothérapeute relationnel.
 
Rejoignez-nous massivement, notre intérêt commun rejoint vos intérêts individuels ainsi que celui de nos écoles et institutions agréées.
 
Merci de votre confiance.
A bientôt.
 
Arlette Gastine.
Vice- présidente .
Pour le bureau de l’Affop
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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